Quand l’imprévu s’invite au déjà non prévu (de Phnom Penh – Cambodge – à Trat -Thaïlande)

Le 11 janvier, avec Sarah, nous sommes arrivés dans la capitale du Cambodge : Phnom Penh… avec 1 jour d’avance. Ok, je vous l’écrit comme si on avait un programme à suivre (on est pas des Chinois à vélo tout de même) mais ça fait plaisir de se dire, que tout en prenant le temps et en respectant notre rythme : entre chaque pause, on fait du vélo et bien on a roulé plus vite que prévu !
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DSCF9081DSCF9076DSCF9072Phnom Penh, outre ce nom d’une ville à l’autre bout du monde, avait une signification forte dans mon voyage :

  • d’une part, l’aventure avec Sarah s’arrête là (comme prévu)
  • je viens de franchir les 10 000 km à vélo depuis la Géorgie (10047 exactement)

     

On s’était dit qu’on allait passé 3 jours dans cette grande ville, avant les grands en revoirs. Sarah partant au Vietnam, et moi vers la Malaisie…C’est prévu comme ça !

Au bout de 2 jours, après la visite d’une ville qui pour nous n’a pas vraiment d’âme, à moins que ça soit notre rapport vis à vis des grandes villes, l’appel du grand air et du vélo me démange… Ce midi, je propose à Sarah, de continuer ensemble l’aventure en vélo… Surprise, elle accepte !

Le 14, avec donc une journée d’avance (et ouais encore!), nous voilà partis en direction de Kampot, au sud du Cambodge. Phnom Penh est grand, nous mettrons 2 heures à en sortir. Et plus de 4 heures à commencer à voir du « beau » et oui au bout de 10000 km en vélo, on commence à devenir exigeant ! Après les zones urbaines, à la Cambodgienne, les rizières, les cocotiers ont refait leur apparition. Bientôt 18h, faut qu’on trouve un lieu pour camper, on tourne, difficile à trouver… Un temple, ça fera l’affaire !

Les moines sont d’accord, on parle un peu avec eux et ils nous proposent, bien après d’aller faire à manger, dans leur cuisine, enfin sur leur feu… Merci, on accepte, la soirée s’annonce sympa !

Alors que Sarah s’affaire à faire à manger (c’est son tour, chacun le sien), 2 policiers débarquent et commencent à nous dire qu’on a pas le droit de dormir là, qu’il faut les suivre.

D’une part, on est dans notre droit, les moines sont d’accord et on a pas encore manger !

Bon c’est la 2 ème fois que ça nous arrive au Cambodge, autant la 1ère fois, je sentais une marge à la discussion, là ce soir… pas trop… très vite un des policiers tape sur la table en me parlant et me dit de le suivre, ok mais après avoir manger ! Avec Sarah, qu’est—ce qu’on a pris notre temps pour manger !

Coluche disait dans un de ses sketchs : « pourquoi plus y a de flics autour de nous, moins on se sent en sécurité ? », tel fut le cas pour nous. Alors qu’on range nos affaires, charge sur nos vélos, un des policiers s’énerve : sort des menotes, fait mine de sortir son arme… et si ce n’était pas des policiers, l’inquiétude monte.
DSCF9084 Sarah, prétextant d’aller aux toilettes, envoie un texto à Ludivine, une expat’ rencontrée la veille à Phnom Penh.(Ludi, merci de ta réactivité)

On part dans la nuit, escortée par ces 2 policiers, direction le commissariat. On roule très lentement, en freinant même, histoire d’embêter ces policiers. Pendant le trajet, on reçoit un appel de l’ambassade de France (notre amie Expat’ les avait contacté). On peut compter sur leur aide mais finalement on en aura pas besoin. 2 KM plus loin, nous arrivons au poste de police, l’ambiance devient très détendu, tous les policiers nous accueillent et nous montrent une chambre qu’ils nous ont soigneusement préparé. Ils nous proposeront même à boire et à manger. En tout cas, pour eux, il est temps d’arrêter de boire ! Tout est bien qui finit bien dans cette intervention imprévue !
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Le lendemain fait parti de ces jours où tu roules de manière machinale, où il y a peu à raconter !
DSCI1968Nous avançons toujours en direction du Sud, la route devient de plus en plus belle.

DSCI1973En fin de matinée, Sarah sent à peine un insecte l’a piqué dans le bras. En même temps, cela arrive régulièrement ! Les odeurs évoluent, l’ambiance aussi, la mer, nous la sentons, elle est là, proche de nous et le 16 janvier,nous arrivons à Kampot pour découvrir l’océan (qu’on voit pas finalement). Sarah, paraît un peu fatiguée, elle manque de pêche, ça m’inquiête car ce n’est pas dans son habitude. On fait le choix de se poser une journée pour gagner des forces.

Le lendemain, cette stratégie ne marche pas, Sarah s’affaiblit, même un plat de pâtes n’y fera rien. Nos visas pour le Cambodge arrivent à expiration, nous prenons la décision d’atteindre la frontière (Yat Yek) par mini bus et ainsi Sarah, pourra continuer son repos.

Le 18, nous attendons devons la guest house, un homme arrive en scooter, on rigole mais il le fera : il prendra tous nos bagages sur son scooter et nous demandera de le suivre à la gare des mini-vans. Celui qu’on doit prendre est déjà surchargé. Je ne suis pas sur qu’en France, 2 mini bus suffisent pour ce chargement, qu’importe, les gars apporteront un grand soin à placer nos vélos sur le toit.
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C’est parti pour 5 heures d’un trajet assez confortable, alternant vu sur l’océan (le golf de Thaïlande) et passage dans la montagne envahit par la forêt tropicale.

Un des avantages du vélo (ok, qui pour certains serait un inconvénient) est qu’avec son rythme imposé, nous pouvons prendre le temps de voir arriver les choses. Ce 18 janvier à 8h du mat’, nous étions à 250 lm de la frontière et là à 14h nous y sommes. Et là, des pincements de cœur nous envahissent, nous allons quitter ce pays où nous avons partager un mois de voyage.
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Avec Sarah, nous nous posons au bord d’une rivière, la frontière est de l’autre côté du pont, déjà nostalgique du Cambodge, nous avons besoin d’échanger sur ce qu’on a aimé dans ce pays… Venez – y, sortez des sentiers battus du tourisme de masse et vous comprendrez.

DSCI1975Sarah va mieux, elle a de l’énergie, je suis content pour elle, à moins que ce soit le passage d’une frontière qui l’a rende ainsi ? (passer une frontière à vélo me donne la même sensation que lorsque je prenais l’avion avant : ça me donne grave le sourire).

Nous continuerons d’échanger sur le Cambodge en pédalant côte à côte jusqu’à la frontière. Les formalités administratives de chaque pays sont d’une telle simplicité que on se retrouve très facilement et sans attente en Thaïlande.

On découvre une vue superbe sur le golf de la Thaïlande. Sarah a un coup de fatigue, on va vite se poser ! Juste après la frontière, la route est en surplomb vis à vis de l’océan, nous découvrons un chemin qui conduit à une plage. Aménagé d’une petite crique,ce sera notre « paradis » pour cette nuit.
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Sarah dort très mal, voir très peu, la piqûre de l’insecte s’est infecté dans le bras. Elle a de la fièvre. Sarah est hallucinante de résistance, et au petit matin elle veut continuer en vélo ! « T’as vu ta tête ? », et oui c’est de la grande conversation… mais je lui dis qu’on va faire du stop pour aller aux urgences de Trat (la ville la plus près). Sarah résiste toujours, et m’aidera même à mettre les vélos à l’arrière du pick up qui nous prend sans hésiter en stop.
DSCF9153Le conducteur comprend que c’est une urgence.Il roulera à près de 150 pour nous déposer devant l’hôpital de Trat.

Consciemment ou inconsciemment, Sarah a résisté jusque là avec courage, et même humour. Elle ferra signe de son mal la rongeant qu’une fois pris en charge à l’hopital. Je n’ai rarement vu quelqu’un avoir aussi mal. Sarah est arrivé avec plus de 43 degrès de fièvre et a du subir une opération d’urgence pour enlever l’infection de l’insecte.

Depuis le dimanche 19 janvier, Sarah et moi sommes à l’hopital de Trat, elle est bien soignée et a toujours le moral.

Cet imprévu dans le déjà non prévu ne fera pas stopper l’aventure, parole de Sarah !
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